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Archive pour June 2010

Clip | 30 June 2010 | Publié par Benjamin F

 

Depuis son “Reservoir” son album auto-produit, Fanfarlo a fait du chemin grâce à sa simplicité pop et à son authenticité indie. Sans pouvoir se targuer de la moindre originalité, le groupe de Simon Balthazar s’impose néanmoins comme un véritable juke-box de la pop-rock-folk du moment.


Le titre « Fire Escape » ressort aujourd’hui en single accompagné d’un clip touchant (sans être niaiseux) où une communauté aux allures de secte protège les gens d’eux même : une idée à l’image de la musique du groupe, simple et généreuse.


Album | 29 June 2010 | Publié par Benjamin F

 

C’est l’histoire d’un groupe pour qui tout est allé trop vite (confère la sortie de l’ep « Summertime »), d’un groupe qui voulait grandir dans l’ombre de ses idoles et qui se retrouve à contempler son chanteur courir après la cadence naturelle et dénuée de tout effet de production de la rythmique de son batteur. Tout va vite chez The Drums et pourtant le groupe ne cesse de réussir à décélérer l’impression de vitesse sur le rendu, comme si entre deux cavalcades, il s’arrêtait net pour prendre une photo en noir et blanc, un instantanée qui permettrait au voyageur de traverser le continuum.


The Drums possède une vraie aisance lorsqu’il s’agit de créer des hymnes indie adolescents, des chansons pleines d’envie mais qui n’osent encore trop se dévoiler. « Let’s Go Surfing » est ainsi un tube de festival qui n’est pas prédestiné à la grande scène mais à ce petit chapiteau qui n’abritera que des vingtenaires hagards mais curieux aux lunettes mal chaussées et à la démarche mal assurée. C’est à la fois délicatement brinqueballant et puissamment entraînant. Oui c’est un peu comme si le post punk était passé au filtre de Sarah Records, comme si Ian Curtis racontait son adolescence sur des plages californiennes. Il en résulte une naïveté enfantine et un désir de liberté que l’on ne peut s’empêcher d’imaginer ne déboucher que sur une fin tragique.


Avec The Drums, c’est un peu tous les jours le week-end (vive les super week-ends), ça manque de la sueur du labeur de la semaine. Cette difficulté à générer des émotions poignantes grandit au point de sortir du cadre sur le poussif « Down By the Water ».


Il faut ainsi maintenir le groupe dans la boite de ses références pour pouvoir en profiter pleinement. Oui il faut apprécier la modestie dont font preuves les quatre américains dans leur volonté de se raccrocher au wagons de l’histoire. Malgré la position qui leur a été attribuée à tort sur l’échiquier musical mondial, The Drums n’est jamais ostensoir ou péremptoire. Les garçons ne prétendent jamais réinventer quoique se soit et il ne s’agit pas de posture mais d’une profession de foi qui transparaît parfaitement dans les compositions (« It Will All End In Tears »). C’est dans cette légèreté pop que se trouve son salut, dans ces titres comme « Book of Stories » qui sous la timidité et la touchante discrétion cache d’habiles mélodies, des mélodies qui comme The School savent surprendre au détour d’une implicite euphonie.


Chaque fois qu’un titre semble jouer le rôle de ralentisseur, semble n’être là que pour remplir cet espace temporel, une fugace ritournelle mélodique débarque au détour d’un refrain (« Skippin’ Town »). Et sans être pleinement emporté par ces guitares à l’accroche particulière (« Forever and Ever, Amen ») et par ces basses fabriquées par Peter Hook, on ne peut que recevoir l’ensemble avec nostalgie.


Tout The Drums est à l’image de son premier titre « Best Friend », c’est l’éphémère image d’un passé qui ne sera jamais révolu, d’un passé qui sera toujours porté par cette fougue adolescente contenue, d’un passé où le romantisme de Robert Smith se noyait dans la sensibilité de Morrissey. Parfois les souvenirs sont ce qui nous reste de mieux.

News | 28 June 2010 | Publié par Benjamin F

 

On fantasme souvent sur les duos scéniques les plus fous, on rêve de voir le guitariste le plus admiré venir converser avec la voix de son chanteur préféré, on imagine le line-up idéal et on constitue des groupes chimériques comme on composerait la meilleure équipe de foot du monde. On sait que ça n’arriverait jamais mais on aime à y rêvasser.


De la même manière, on pense parfois à son corolaire, on entrevoit l’apocalypse et on se projette dans la torture mentale que pourrait provoquer un duo Bono au chant / Matthew Bellamy à la guitare.


Parfois les rêves ne sont pas si éloignés de ça de la réalité (les rêves de l’un pouvant être les cauchemars de l’autre).


Ca se passe à Glastonbury et c’est The Edge et Muse qui interprètent Where the Streets Have No Name de U2 :


Clip | 25 June 2010 | Publié par Benjamin F

 

Parce qu’il est parfois difficile de se dérober du passé, parce qu’il suffit d’un chant en français pour que toutes velléités pop soient tournées en ridicule, parce qu’il faut vraiment être vierge de tout à priori pour apprécier le très bon dernier album de Mickey 3D, « La Grande Évasion » n’avait pas réussi à convaincre les réfractaires.


Avec le clip de « Paris t’es Belle », le groupe cultive son goût pour les histoires touchantes à la fois urbaines et bucoliques. Si le titre est loin d’être l’atout majeur du disque, il comporte un refrain entraînant sur lequel on a plaisir à voir Mickey jouer au barman et servir des coups.


Album | 24 June 2010 | Publié par Benjamin F

 

Malgré ce système qui contrôle tout, malgré cette logique inhérente à la vie humaine qui pousse vers une forme de reconnaissance et vers une recherche d’un positionnement parmi le peuple, malgré la transformation des contre-cultures en micro-cultures, le dubstep reste un terrain de jeu imperméable aux modes et à l’influence du monde extérieur, une musique qu’on aperçoit qu’au travers de brefs flash forwards et qui nous donne l’impression d’entrevoir un futur où des milices underground discutent dans un langage codé de l’avenir de la liberté, un futur ou le populisme se fait élitiste et inversement.


Plus encore que de par leurs accointances musicales, Clubroot et Burial se retrouvent sous le même étendard du fait de la transposition des codes de leur style musical dans leur façon de concevoir leur statut d’artiste : l’homme s’efface au profit de la cause. La volonté de ne pas se compromettre pourrait être remise en cause par l’ouverture musicale, par ces ponts crées avec d’autres styles, et le masque est une manière de démontrer que ce souhait dévolution n’entre pas dans le cadre d’un plan stratégique vivant à porter la « personne » du producteur aux nues.


Il y a aussi une volonté de ne plus s’éparpiller, de refuser l’exercice du remix, de ne pas sortir d’EP, de réimposer le style comme un acte artistique intransigeant, de grandir tout en s’appuyant plus que jamais sur les bases, tout en contant le voyage qui mène d’un sourire jamaïcain à la révolte londonienne. Sur ce deuxième album, Clubroot continue d’appliquer la définition de Kode9 : « Le sub-bass est la seule chose fixe. On peut mettre ce qu’on veut par dessus » et sur une base très homogène, entre hypnose et lassitude, il greffe des sons, des influences et des vocalises ethniques. « Dry Cured » est ainsi une sorte de manuel d’utilisation de Clubroot : au choix envoûtant ou répétitif, il donne dans un dubstep particulièrement deep qui évolue sur des nappes synthétiques discrètes mais essentielles.


Des voix lointaines, à peine perceptibles, se confondent avec le son des claviers « Orbiting » et on ne sait jamais si les chœurs sont la complainte d’âmes esseulées ou si au contraire ils incarnent des prières lumineuses (« Waterways »).


« II-Mmx » accompagne l’auditeur au travers d’une brume dense à travers laquelle on peut parfois entrevoir les échos d’autres civilisations : du gothic dubstep (« Toe to Toe ») et des courants orientaux (« Dust Storm »).


Cependant, on sent bien que naviguant à vue, Clubroot n’ose pas prendre de décisions qui risqueraient de déstabiliser son organisation naissante. Si les rythmiques de « Running On Empty » proposent des variations intéressantes, il faudra souvent se contenter de boucles qui ne remettent jamais en cause leur nature et de claviers qui manquent parfois de profondeur (« Whistles & Horns », qui aurait pu être un équivalent au« Sempiternal » de l’album précédent mais s’essouffle en chemin). De même, on sent combien Clubroot n’est que peu à l’aise avec les durées courtes, l’interlude « Sjambok » ne faisant preuve d’aucune personnalité.


« II-Mmx » se clôt sur une dernière vague de beats empoisonnés. Rien n’est certain mais au loin une légère lumière semble tenter de transpercer le brouillard. Arrivé au port, on se réveillera sans se souvenir du moindre détail du voyage mais en sachant que c’est le son qui, de par son cocon rythmique, nous a protégé des tempêtes.

Album | 23 June 2010 | Publié par Benjamin F

 

C’est devenu l’un des événements récurrents de chaque année, la très attendue compilation annuelle des excellents confrères de Goûtes Mes Disques (auquel participe l’ami Julien de Des Chibres et Des Lettres) vient tout juste de débarquer avec pas moins de 16 nouveaux talents à découvrir.


Au programme de cette nouvelle édition qui n’a donc rien à envier à la précédente (dont nous avions déjà longuement causé l’année dernirère) : la folk intimiste de Nicolas Lordier avec Nick and The Mirrors, le rock couillu de Clara Clara, la basse post-punk de Hook & The Twin ou encore la weird pop racée de Quadricolor.


La sélection Jeunes Pousses vol. 4 est téléchargeable gratuitement à cette adresse et peut-être écoutée ici, et c’est définitivement un super boulot !

Album | 22 June 2010 | Publié par Benjamin F

 

L’amour soigne l’addiction mais tue la musique. How to Destroy Angels doit-il être considéré comme une preuve d’amour, comme un présent à Mariqueen Maandig ? Doit-il être vu comme une volonté de Trent Reznor de réunir dans une même entité les deux choses qui comptent le plus pour lui ? Devrait-on alors s’émouvoir de la signification de ce disque et porter un regard attendri sur ces erreurs si flagrantes qui sous ce nouveau spectre deviendrait touchantes ?


A l’écoute de ces six titres au combien laborieux, on ne sait qui est le plus égoïste, le musicien qui sacrifie son génie musical au nom d’un bien être personnel ou l’auditeur qui n’essaye même pas de se réjouir de la stabilité retrouvée de l’homme.** En écoutant How To Destroy Angels, on ne peut s’empêcher de penser au « Maxinquaye » de Tricky, à cet autre album où un génie torturé créait un écrin pour sa femme, un écrin à la fois comme prolongation de lui-même mais aussi comme démonstration de sa capacité à apaiser son monde pour y laisser pénétrer l’autre. La comparaison est d’autant plus évidente qu’en remplaçant la voix reznorienne par celle d’une muse, les beats industriels se rapprochent de plus en plus des sonorités bristolliennes non seulement de Massive Attack mais surtout des titres comme « Overcome ». Mais au final, le résultat est le même : l’impression d’une compromission, le sentiment que la lumière a (à tort) percé les ténèbres. Et encore Mariqueen Maandig n’est clairement pas Martina Topley-Bird, et ses faibles compétences vocales sont souvent amenées à être masquées par des artifices de production (« BBB »).


Si « The Slip » était un album qui en voulant synthétiser dans des formats courts toute la carrière du maître s’était allègrement vautré dans une ode à l’auto-parodie, How To Destroy Angels va encore plus loin dans le recyclage en reproduisant quasiment à l’identique les schémas du passé – la boîte à rythmes de « Fur Lined » étant un décalquage quasi-exact de celle de « Only » sur With Teeth -, et en déposant sur des b-sides de Nine Inch Nails des harmoniques vocales qui se forcent à reproduire, avec plus ou moins de succès, celles de Trent Reznor ; le souci étant évidemment qu’il ne suffit pas de se calquer en termes de notes pour dupliquer la violence innée de l’original.


Sans grand étonnement, c’est quand la voix ne susurre qu’à discrétion et que Trent Reznor est seul aux manettes que How To Destroy Angels arrive à nous replonger dans des ambiances connues mais qui interpellent toujours grâce à leur façon si caractéristique de superposer les sons, d’accroître les distorsions et de livrer des finals complexes (« Parasite »). Oui dans ces moments là, on retrouve un peu de « The Fragile », certes dans une version aseptisée mais dans une version quand même (la géniale rythmique de « The Believers »). Il y a évidemment une certaine malhonnêteté à s’offusquer si nettement de ces chansons qui ne sont jamais indigentes ou vulgaires, mais l’on ne peut définitivement pas se contenter sans sourciller de n’être plus que le cadeau de la marié, le dindon de la farce. On a juste hâte maintenant que Trent Reznor fasse à nouveau corps avec la machine et qu’il redevienne le Bullet Man qui possède en lui la folie des architectures sonores.

News | 21 June 2010 | Publié par Benjamin F

 

Suite à ma rencontre de jeudi dernier avec le garçon et dont le compte-rendu est disponible ici, je me devais de vous dire quelques mots sur le prochain album portant le nom de son auteur éponyme.


L’opus sortira donc le 27 septembre prochain et contiendra 24 titres influencés par l’indie pop qui était chère à Philippe Katerine lors de ses premières pérégrinations en groupe, avant qu’il ne se lance sa carrière solo.


Accompagné de Philippe Eveno à la guitare, de Sébastien Moreau à la basse et de Grégory Czerkinsky à la batterie, il devrait au niveau des textes affirmer son goûts pour le grotesque et l’humour qui s’assume.


L’anecdotique Bla Bla Bla est d’ores et déjà en écoute ici.



La tracklist sera la suivante :
01. Je M’Éloigne D’Autant Que Je M’Approche
02. Bla Bla Bla
03. La Reine D’Angleterre
04. Les Derniers Seront Toujours Les Premiers
05. Des Bisoux
06. Bien Mal
07. Liberté
08. La Banane
09. J’Aime Tes Fesses (avec Jeanne Balibar)
10. Philippe
11. Il Veut Faire Un Film (avec mes parents)
12. Moustache
13. Sac En Plastique
14. Té-Lé-Phone
15. À Toi – À Toi (avec ma fille Edie)
16. Parivélib’
17. La Musique
18. Vieille Chaîne
19. Morts-Vivants
20. Cette Mélodie
21. Le Rêve
22. Juifs Arabes
23. Musique D’Ordinateur
24. Le Champ De Blé



News | 18 June 2010 | Publié par Benjamin F

 

Après un Myths of the Near Future qui faisait l’apologie du look fluo et de la pop psychédélique tout en se targuant balançant des hymnes adolescent portés par ses trois chanteurs, Klaxons reviendra cet été avec Surfing The Void un très attendu second opus dont la tracklist vient d’être dévoilée :

Echoes

Same Space

Surfing The Void

Valley Of The Calm Trees

Venusia

Extra Astronomical

Twin Flames

Flashover

Future Memories

Cypher Speed

Une bonne occasion pour se repasser en attendant le clip de l’entrainant Atlantis To Interzone :


Album | 17 June 2010 | Publié par Benjamin F

 

Les vacanciers ont enfin quitté les plages et le pays a retrouvé sa vie, une vie moins intense mais plus naturelle. Malgré les températures qui baissent, le ciel se reflète enfin dans la mer sans honte et sans pudeur. Il se dévoile, laisse tomber sa robe, et la chaleur de sa peau réchauffe l’air et lui donne une teinte légèrement rosée. De l’autre côté, il y a les terres, cette campagne qui est pourtant si près de la mer, cette campagne dont certains sillons sont encore recouverts de sable. Au milieu, comme une porte qui scelle le passage entre deux mondes, se trouve la maison en bois. Des fenêtres qui s’ouvrent sur le nord, on peut apercevoir au loin des pêcheurs du dimanche dont les silhouettes s’entrecroisent avec celles des nuages avant de se contempler simultanément dans l’eau tiède où le menue-fretin a trouvé refuge. De l’autre côté, en se plaçant sur le seuil, le regard pointant vers le sud, on découvre des prairies accueillantes qui incitent la solitude à venir s’installer définitivement.

 

C’est dans cette maison de bois que Carp a enregistré son second album « Day Walks ». Tout comme Patrick Watson, avec qui il partage des accointances mélodiques, Carp se construit autour de la voix de son charismatique leader Benoit Guivarch, et c’est accompagné de Antoine, Sylvain et Fabrice que ce dernier a transformé une cabane en véritable studio.** Les notes de piano sentent le bois qui vieillit paisiblement et les frappes de batterie restent suspendues en l’air comme si le temps s’était arrêté. « Day Walks » n’est pas pour autant un album bucolique, il s’agit d’autre chose, le lien à la nature requiert plus d’un rapport au temps qu’un rapport à la flore (« Seventies »), et il faut souvent attendre la fin des titres pour laisser la fraîcheur d’une rythmique pop inonder la folk spatiale (« Cold Waters »).

 

L’introduction de « Mystery » est équivoque et démontre l’appartenance aux différents mondes : dans une ambiance éthérée pouvant rappeler une ballade de Leonard Cohen, Benoit Guivarch joue sur les mots et le « Was that a mystery, for you to end so sadly ?, Mystery » aidé par la complainte instrumentale ne cesse de devenir un « Was that a mysery, for you to end so sadly ?, Mysery ». Puis les mains soulèvent l’énorme battant des pianos à queue et les pédales tonales s’enfoncent jusque dans le sol (« Tate »).

 

Malheureusement, les guitares et le piano ne sont parfois plus contrôlés et se laissent emportés par des bourrasques hivernales pour un résultat un peu incommodant qui oublie la retenue du territoire (« Bees »). Le songwriting a du mal à conserver la même intensité qu’au levée du soleil (« The Greatest of Ease »).

 

« Day Walks » ne reste peut-être que la maquette d’un chef d’œuvre, mais contient une intimité magique qui prend pas surprise et accapare l’auditeur comme elle accapare ses musiciens (« When I Try »). Pas étonnant que le groupe poursuive son aventure sur les routes et ait décidé d’aller livrer lui-même ce galet breton chez les des disquaires sélectionnés pour leur capacité à reproduire des maisons de bois dans les lieux les plus isolés.