Archive pour September 2009
Prog-Folk anglais / 2009. Décidément l’heure est à la surenchère : les pianos qui défient les guitares, les choeurs qui essayent de détrôner la voix, et les violons qui envahissent le terrain comme des spectateurs frustrés de ne pas participer au jeu. Si les chansons et la qualité ne sont pas comparables, “Institute of Joy” de A Mountain of One rappelle par bien des points l’exubérance de “The Resistance” de Muse en terme de construction (“Lie Awake”). Il est marqué du sceau de l’incapacité à épurer les mélodies et à rechercher la justesse plutôt que la massification sonore.
Néanmoins le groupe de Mo Morris et de Zeben Jameson s’avère souvent intéressant de par cette multitude de sons qui finissent par donner un impact psychédélique aux titres. Parfois on perçoit l’influence de Spiritualized, parfois celle de 16 Horsepower et de Wovenhand (“River Music” ou encore le mystique “Sky is folding”), et on se laisse prendre au jeu de l’instrumental qui démontre une ouverture d’esprit proche de Tortoise (“Ahead of The Curve”).
Mais malheureusement, A Mountain of One reste assez opaque à cause d’interludes dénués d’intérêts (“Purple”), de par sa reprise anecdotique de “Who By Fire” de Leonard Cohen, et surtout de par ses solos trop référencés, et de ses émotions forcées (“Bones”). Il en ressort une prog-folk qualitative mais souvent boursouflée qui ne permet pas à “Institute of Joy” de se qualifier.
Note : 5,5/10
Dans le premier épisode visible si-dessous, Why ? nous raconte le recrutement de son nouveau manager, le bien nommé Blake Maxwell ! L’humour du garçon qui essaye toujours de rester sérieux, est en parfaite adéquation avec l’opus.
Une manière originale de promouvoir un album tout en faisant passer des messages sur l’univers de la musique.
Pourtant malgré ce contexte déséquilibré et surtout malgré les rancoeurs qui persistent (Megadeath vs Metallica), les Big Four devraient probablement se rassembler pour une tournée massive devant rehausser le drapeau du style qu’ils ont tous les quatre inventé.
Kerry King (Slayer) a affirmé dans Metal Hammer que Lars Ulrich (Metallica) travaillait activement sur le projet. Dave Mustaine semble excité par l’idée, même si “pas mal de choses devront être réglées avant”. Quant à Scott Ian (Anthrax), il souhaiterait également voir son groupe intégré ce grand cirque (enfin à condition qu’il retrouve un line-up stable).
Si la rumeur se confirme, je sens que les négociations pour déterminer l’ordre de passage vont être houleuses
Daft Punk “Around the World” vs. Young MC “Bust A Move”
Daft Punk “Da Funk” vs. NASA “Strange Enough ft. Karen O, ODB and Fatlip”
Daft Punk “Da Funk” vs. Queen “Another One Bites the Dust”
Daft Punk “Robot Rock” vs. Hashim “Al-Naafiysh (The Soul)”
Daft Punk “Robot Rock” vs. Queen “We Will Rock You”
Daft Punk “Short Circuit” vs. Boogie Down Productions “Jack Of Spades”
Daft Punk “Technologic” vs. Gary Numan “Cars”
Daft Punk “Television Rules The Nation” vs. No Doubt “Hella Good”
Il est certes un peu frustrant de savoir que le groupe se consacre à de telles activités plutôt que de se focaliser sur un successeur à “Human After All”, mais bon l’industrie du disque évolue et Daft Punk ont toujours su exploiter au mieux les nouveaux supports.
A la première écoute, on peut dire que Jerry Cantrell (guitariste et tête pensante du groupe) et William DuVall ne sombre pas dans l’erreur d’essayer de faire oublier la plus écorchée des icônes de la scène grunge. On se retrouve avec un titre qui reprend les bases du son du groupe en y ajoutant un soupçon d’espoir et de gaîté.
Ni au niveau du passé, ni inquiétant pour la suite, “Check My Brain” maintient le statut quo sur le nouvel album d’Alice In Chains.
A noter que le groupe sera en concert au Bataclan le 4 décembre.
Comme vous pouvez le constater, la sélection est des plus pointues et je dois bien avouer ne pas connaître plus de la moitié des groupes (Néanmoins, je vais me faire un plaisir de prendre quelques heures pour découvrir tout ça le week-end prochain). On notera rapidement la présence des extra-terrestres de The Phantom Band, du songwriter Cass Mc Combs ainsi que de The Whitest Boy Alive, le projet de Erlend Oye (co-fondateur de Kings of Convenience) qui illumineront le festival avec leur electro organique et post moderne.
Mercredi 2 décembre:
Pete Oblio (Fr) – Slow Joe & The Ginger Accident (Inde – Fr), Transformer (GB), Osni (Fr), The Bird Is Yellow (Fr), Misty Socks (Fr), Reggiori Project (Fr), Framix (Fr), Cercueil (Fr), I’m Fresh You’re Pretty (Fr), Poor Boy (Fr), TV Glory (Fr), I Come From Pop (Fr), Elephanz (Fr), Roken Is Dodelijk (Fr)
Jeudi 3 décembre:
Complot (Fr), DJ Oof (Fr), The Whitest Boy Alive (Nor), V.V Brown (GB), Abraham Inc (USA), Vrelo (Serbie), DJ Sandra (Russie), Beast (Canada), Hook & The Twins (GB), An Experiment On The Bird In The Air Pump (GB), 78 RPM (Fr). Gaetan Roussel’s Project (Fr – USA)
Vendredi 4 décembre:
Bright Black Morning Light (USA), Gablé (Fr), Cass Mc Combs (USA), Round Table Knights DJ (Suisse), F.M Belfast (Islande), The Phantom Band (Écosse), Jessie Evans (USA), The Field (Suède), The Popopopops DJ set (Fr), The Wankin Noodles (Fr), Mister Eleganz (Fr), Chocolate Donuts (Fr), Los Valentinos (Australie), Detroit Social Club (GB), Major Lazer (USA), DJ Morpheus (Belgique), Modul Club (Fr), DJ Kosmo Pilot (Fr), Gaggle (GB), Fever Ray (Suède), Terry Lynn (Jam), Aeroplane (Belg), Sollilaquists Of Sound (USA)
Samedi 5 décembre:
The Guests Only (Fr), West Indies Desires (Fr), Django Django (GB), The Agitator (GB), Naomi Shelton & The Gospel Queens (USA), DJ Eurazia (Turquie), Downtown Cukoo (Fr), Rodriguez (USA), Ezra Bang & The Hot Machine (GB & USA), The Carps (Can), Blks Jks (Afrique du Sud), DJ Haze (Fr), The Narcycist (Irak Quatar), Push Up (Fr), Rubberhead Bandits (Danemark), DJ Ride (Portugal), The Very Best (GB), Fauna featuring Tremor (Argentine), The Twelves (Brésil), The Japanese Popstars (Irlande Du Nord), DJ Popof (Fr), DJ South Central (GB), Gooseflesh (Turquie), Danton Eeprom (Fr/GB)
Tout cela donne un pur moment de magie, un instantanée ou la simplicité de l’humain se mêle aux ambitions es mélodies pour former une incroyable machine émotionnelle. Si ce n’est évidemment pas, le live le plus original de la série, il suffit d’entendre les premières notes de “Effigy” pour être parcouru d’un frisson.
Pop Folk américaine / 2009. Bien avant que “Elephant Eyelash” transforme le projet solo de Yoni Wolf en l’entité Why ?, le musicien américain représentait déjà beaucoup à mes yeux. Non seulement Clouddead, où il officiait, reste pour moi un des groupes qui aura le plus marqué le début du XXIème siècle, mais surtout son nom fait forcément référence à Anticon, à Doseone, Alias, Jel, Sole, Odd Nosdam et Pedestrian, et donc à l’âge d’or de l’abstrackt hip hop et de l’avant garde hip hop, une période dont je suis particulièrement nostalgique. Unique vestige avec Subtle de cette époque, Why ? est ainsi un groupe que je chéris particulièrement.
“These Hands” repose tout de suite les bases de cette weird folk inclassifiable issue de 20 ans de culture américaine, de la folk au hip hop en passant par le lo-fi. Au milieu du titre le piano et les multiples arrangements s’enflamment pour métamorphoser la chanson et insister sur la notion de narration au niveau de la composition. Sur “January Twenty Something”, Yoni Wolf, porté par une multitude de sonorités, chante “This song was a fever-dream, First new year’s greeting on my answering machine, A suicide note from my late-teens, Put to this melody”. “Against Me” maintient l’impact de départ. Les chansons de Why ? racontent toujours une histoire et prennent rapidement la forme de comédies musicales où l’instrumentation sert de background aux émotions, où cette dernière suit le chant comme une feuille morte qui suit les caprices du vent : avec instinct et dévotion.
“Even the Good Wood Gone” est un joli moment de songwriting qui s’amuse une fois de plus à jouer avec les styles et les sonorités. “Into the Shadows of My Embrace” démarre sur des bases solides. Piano, batterie, basse forment un socle qui permet à Yoni Wolf de développer son scénario puis soudainement le titre s’accélère un peu comme “Hollows” sur “Alopecia” pour finir sur un duel piano / guitare qui n’est pas sans rappeler les finals pompiers de Muse, si ce n’est que, dans le cas présent, cela fonctionne à merveille, rajoutant juste une corde de plus au patchwork. “One Rose” est une ballade bluesy-folk qui m’oblige à citer une fois de plus “Sometimes I wish we were an eagle” de Bill Callahan. Triste et mélancolique, la chanson prouve combien “Eskimo Snow” est le disque de l’introspection. “On Rose Walk, Insomniac” est typique du style de Why ? avec cette montée en puissance qui suit le rythme du texte, et fait hocher de la tête sur ce qui pourrait n’être qu’une simple perle en terme de composition.
“Berkeley by Hearseback” emprunte au hip hop la manière d’utiliser l’instrumentation comme un cadre qui permet à la voix de raconter son histoire, tandis que “The Blackest Purse” use et abuse avec plaisir des cassures de rythmes pour mieux coller au ressenti des émotions exprimées. Enfin le désenchanté “Eskimo Snow” conclut magnifiquement l’opus avec sa guitare dont les notes aigues ponctuent à merveille les “And I’m still here” de Yoni Wolf.
Il est impressionnant de constater à quel point, on s’approprie vite ce “Eskimo Snow“, à quel point il suffit d’une écoute pour mémoriser la tracklist, les ambiances, les textes, à quel point on se sent vite chez soi au sein de ces 10 titres. Ce sentiment est d’autant plus étrange que le disque est relativement complexe dans son approche de la folk-pop. Néanmoins si on rentre vite dans cet univers, il faut faire attention et ne pas se laisser étouffer par cette musique mouvante qui peut parfois se faire oppressante de par son manque de respiration.
Délesté des boucles électroniques, “Eskimo Snow” s’affirme ainsi comme une version plus organique de “Alopecia” où Why ? gagne en mélodie ce qu’il perd en terme d’ambiance fumeuse. Néanmoins même si les approches sont légèrement différentes, on est rassuré de savoir que les disques ont été composés quasiment à la même époque, tant au final, la différence entre les deux opus n’apparaît que sur l’approche et non sur la composition. Ainsi, le plus gros défaut de ce nouvel opus est peut être qu’il souffre d’un très léger complexe d’infériorité par rapport à son prédécesseur ; un complexe qui trouve sa source dans le manque de surprise, quelque chose de finalement assez commun dans une relation fraternelle.
Note : 8/10










